Marie-Thérèse Auffray dans son atelier à Échauffour

Marie-Thérèse Auffray naît en Bretagne le 11 octobre 1912 à Saint-Quay-Portrieux (Côtes d’Armor). Son père, Louis-Marie, maître-mécanicien dans la Marine, a 40 ans. Sa mère, Marie-Thérèse Tarin, sans profession, a 27 ans. Après le décès de leur père en 1920, Marie-Thérèse et son demi-frère Louis Antoine deviennent pupilles de la Nation. À 8 ans, elle découvre Paris où s’installe sa famille. Son demi-frère décède accidentellement en 1932.

À partir de 1933 : elle vit de la réalisation d’affiches publicitaires ainsi que d’illustrations d’ouvrages pour la jeunesse. 

En 1936 : éprise de justice et de liberté, elle adhère aux mouvements populaires.

En 1940 : elle occupe un atelier au 11 rue d’Alésia (Paris 14ème) et entre en Résistance au sein du mouvement Ceux de la Libération.

En 1941 : tout en conservant son atelier parisien, l’artiste rejoint Échauffour (Orne) où habite sa future compagne, Noëlle Guillou, elle aussi résistante.

En 1942 : décès de sa mère à Paris. Marie-Thérèse s’installe dans son nouvel atelier au 21 rue Gazan (14ème). Elle partage alors son appartement avec sa cousine germaine Marie-Yvonne Tarin, alias Monique, également résistante. Toutes deux ravitaillent leur entourage parisien depuis Échauffour.

En 1944 : installation définitive chez son amie Noëlle qui tient une auberge à Échauffour. Elle conserve néanmoins son atelier parisien. Les deux amies hébergent et cachent des résistants. Parallèlement, la peintre poursuit son oeuvre et  devient sociétaire du Salon d’Automne.

Le 25 mai 1945 : quelques jours seulement après l’Armistice, participation à l’exposition de la Galerie Drouant-David à Paris, intitulée Les grands peintres contemporains au service des prisonniers. Elle s’associe comme membre fondateur au projet de L’Encyclopédie de la Renaissance Française.

Du 15 au 30 juin 1945 : exposition de 34 de ses toiles à la Galerie Lucy Krohg à Paris. Première participation au Salon des Artistes Indépendants.

En 1946 : elle rejoint l’Union Nationale des Intellectuels et expose au Salon des Tuileries.

De 1947 à 1958 la peintre côtoie Maurice de Vlaminck, qu’elle admire, mais dont elle se démarquera artistiquement après 1954.

Dans l’année 1947 :  expositions dans de nombreux Salons parisiens. Elle ouvre à Échauffour, près de son commerce de bar-tabac-journaux un dancing, Le Bateau Ivre, fréquenté par la jeunesse locale et parisienne.

En 1951 : elle écrit de nombreux manifestes et pamphlets sur la peinture.

En 1959 : Noëlle décède le 16 novembre. L’artiste continue de s’impliquer dans de nombreuses organisations intellectuelles et politiques.

En 1962 : exposition de toiles de grand format parmi 80 toiles présentées à la Galerie du Colisée à Paris (Rétrospective Auffray du 19 septembre au 16 octobre). 

En 1969 : exposition au Salon des Indépendants de tableaux violents aux titres ironiques et trompeurs qui font écho au Printemps de Prague et à Mai 68.

En 1970 : les soucis financiers la contraignent à abandonner son atelier parisien.

En 1971 : elle devient conseillère municipale. Exposition au Salon des Indépendants de son dernier tableau connu, Le temps des cerises. Sa santé se dégradant, elle ne peut plus peindre mais continue de tenir son commerce.

En 1989 : le public normand redécouvre à Alençon (Orne) l’œuvre de l’artiste lors d’une présentation  de 45 de ses tableaux. Cette exposition est la dernière de son vivant.

Le 27 septembre 1990, Marie-Thérèse Auffray décède à Échauffour.

En 1991 et 1992, une grande partie de l’œuvre de Marie-Thérèse Auffray (344 toiles et 23 affiches) est dispersée au cours de trois grandes ventes aux enchères publiques.